Les chats sont omniprésents dans la littérature. Les nombreuses citations extraites d’une conférence de Cédric JACOB donnée le 1er mai 2025 et intitulée Les chats et la littérature… chat alors ! ont donné lieu à un premier article, à retrouver sur ce lien :
Voici d’autres citations au sujet des chats, elles aussi, issues de la même conférence.
Howard Philipps LOVECRAFT, Des chats et des chiens, 1926
Hautain, libre, mystérieux, voluptueux, babylonien, impersonnel, il est l’éternel compagnon de la supériorité et de l’art – incarnation de la beauté parfaite et frère de la poésie – le chat doucereux, grave, savant et patricien.

Théodore de BANVILLE, Le Chat
Tout animal est supérieur à l’homme par ce qu’il a en lui de divin, c’est-à-dire par l’instinct. Or, de tous les animaux, le chat est celui chez lequel l’instinct est le plus persistant, le plus impossible à tuer. Sauvage ou domestique, il reste lui-même, obstinément, avec une sérénité absolue, et aussi rien ne peut lui faire perdre sa beauté et sa grâce suprême. Il n’y a pas de condition si humble et si vile qui arrive à le dégrader, parce qu’il n’y consent pas, et qu’il garde toujours la seule liberté qui puisse être accordée aux créatures, c’est-à-dire la volonté et la résolution arrêtée d’être libre. Il l’est en effet, parce qu’il ne se donne que dans la mesure où il le veut, accordant ou refusant à son gré son affection et ses caresses, et c’est pourquoi il reste beau, c’est-à-dire semblable à son type éternel.

Jean-Michel SANANÈS, Autobiographie d’un Humain à l’École des Chats
Ma vie est longtemps passée comme un hiver sans chat. Pourtant, au hasard des rues, j’ai rencontré un SDF qui modifia ma vie. Très vite, j’ai appris qu’un jour sans lui serait très long et que les chats seraient pour moi un rayon de soleil indispensables à mon quotidien. Leur présence est un cri d’amour dans mon univers.

Mark TWAIN (avec humour) :
Si l’on pouvait croiser l’homme et le chat,
ça améliorerait l’homme,
mais ça dégraderait le chat.

Victor HUGO, Un chat dans une basse-cour, le Rhin, 1845
« Rien ne me divertit comme un chat dans une basse-cour. C’est un spectacle charmant. Le chat est un philosophe distingué, un poète, un penseur, un fabuliste. Il vit parmi les animaux. Regardez un peu ma basse-cour, je vous prie. Le dogue, qui a veillé toute la nuit, dort le jour dans sa niche. Le pourceau grogne dans sa souille. Le lapin est bête, le dindon est sot, l’oie est stupide. Les uns cancanent, les autres caquettent. Tous bavardent au hasard sans écouter leur voisin. La poule, cette commère, jalouse la pintade qui prend des façons pincées de créole et d’étrangère. Le canard, ce porc de la gent volatile, se goberge hideusement dans la mare. Le coq, cet hidalgo, fait le bravache, promène et varie ses allures de capitan et s’épuise en dévouement, en désintéressement et en galanterie pour son sérail, comme un chevalier arabe.
Le chat, lui, est dans un coin, dans sa fourrure ; il a chaud, il est bien, il est seul. Il a la meilleure place au soleil, il ne dit rien. S’il s’absente une heure ou deux, c’est pour aller chasser dans le verger, chasser non en chien, mais en chat, non pour les autres, mais pour lui. Que voulez-vous ? La vie a des besoins misérables, il faut dîner tous les jours ; et puis, un chat de basse-cour est un chat honorable et décent qui laisse les souris, fi-donc ! aux tigres de gouttières. Il a donc déjeuné, discrètement, dans l’ombre, d’un moineau ou d’un chardonneret. Il revient, il reprend sa place, il se rassied, il rêve, il observe, et toujours, et dans tous ses mouvements et dans toutes ses actions, il déploie, avec son grossier entourage, ses manières de bonne compagnie, cette réserve, cette propreté en toutes choses, cette politesse légèrement ironique, ce demi-dédain indulgent, cette bienveillance à griffes cachées, cette supériorité voilée, cette résignation élégante, cet égoïsme savant, gracieux et sournois, d’un homme d’esprit fourvoyé dans une réunion d’imbéciles. »

Paul MORAND , « Voué aux chats », art et médecine, avril 1932
« Les chats sont incompris parce qu’ils dédaignent de s’expliquer ; énigmatiques, ils ne le sont que pour qui ignore la puissance expressive du mutisme. »

Jean-Louis HUE, Le chat dans tous ses états, 1982
« Une maison sans chat est un aquarium sans poisson. »

Ira LEWIS (acteur et auteur américain, 1932-2015) : citation
« La différence entre un chien et un chat ?
Le chien pense : « Ils me nourrissent, ils me protègent,
ils doivent être des dieux. »
Le chat pense : « Ils me nourrissent, ils me protègent,
Je dois être un dieu. »

Aldous HUXLEY (écrivain britannique, 1894-1963) : un aphorisme
« Si vous voulez écrire, ayez des chats. »

Walter L. GEORGES (écrivain britannique, 1882-1926) : citation
« Les chats savent comment obtenir de la nourriture sans travail, un abri sans incarcération et l’amour sans pénalité. »

Kwong Kuen Shan, Le chat philosophe, 2008
Le chat ne possède rien et n’est la propriété de personne. Il vaque à ses occupations, agit à sa guise et vit dans l’instant. À n’en pas douter, ce sont les qualités d’un philosophe.

Rainer Maria RILKE, préface à Balthus, Mitsou, histoire d’un chat, Erllenbach, 1921
« Qui connait les chats ? – Se peut-il, par exemple, que vous prétendiez les connaitre ?
J’avoue que, pour moi, leur existence ne fut jamais
qu’une hypothèse passablement risquée. »

André MALRAUX : réflexion, citée par Jean-François Deniau
« Dès que je suis prêt à travailler, le chat saute du bureau et s’installe sur ma feuille blanche.
Vous me demandez comment j’écris ? En fait, j’écris autour du chat. »

Marie CORELLI (romancière anglaise, 1855-1924) : État de fait
Je n’ai pas besoin de me marier.
J’ai trois animaux à la maison qui remplissent le même rôle qu’un mari.
J’ai un chien qui grogne le matin,
un perroquet qui jure l’après-midi,
et un chat qui rentre tard dans la nuit.

Jean DELACOUR : Tout l’esprit français, 1974
Le véritable gentleman est celui
qui appelle toujours un chat un chat,
même lorsqu’il trébuche dessus
et qu’il tombe.

Natsume Soseki, Je suis un chat, 1906
Je suis un chat.
D’aucuns se demanderont comment un chat peut décrire aussi fidèlement ce qui se passe dans la tête de son maître.
Cela n’a rien de difficile pour un chat, car je suis passé maître dans l’art de lire les pensées. Qu’on ne me demande pas depuis quand, cela n’a aucune importance.
Je sais le faire, c’est tout.

Cédric JACOB : deux haïkus en dehors du livre des chats
Chat majestueux
– en un pas de Roi Soleil
descend la gouttière.

Est-ce l’être humain
qui domestiqua le chat
– ou n’est-ce l’inverse ?
